Le club des cinq

Ils sont quatre amis, à peine dix-sept ans. Il y a Luca, Le saint, Bobby et le narrateur. Quatre amis qui ont monté un groupe de rock dans une église d'une petite ville italienne. Une vie bien rangée avec des parents aimants et tous soudés par leur croyance en dieu. Une petite ville tranquille où tout le monde connaît tout le monde. Une ville calme sans histoire. Enfin en apparence.

Dans cette petite ville bien tranquille, vit une jeune fille prénommée André. André sans E à la fin, comme un garçon. Pourtant il n'y a pas d’ambiguïté sur son sexe. André est une très jolie jeune femme, d'à peine dix-sept ans. Elle plaît beaucoup aux hommes et sa réputation de fille facile n'est plus à faire. Elle traîne dans les bars, ne va pas à l'église et sa beauté fascine tous les paroissiens. Elle devient l'objet des fantasmes des hommes de la ville, jeunes ou vieux, mariés ou célibataires. Nous quatre amis ne sont bien évidemment pas en reste.

Mais comment faire pour la rencontrer, la séduire, la sauver ? Oui, la sauver car ces jeunes puceaux n'ont qu'une idée en tête : lui proposer leur amour comme moyen de rédemption. Qui des quatre saura le premier la toucher, l'émouvoir au point qu'elle pose ses yeux sur lui ? Pour qui aura-t-elle le coups de foudre ? Comment lui montrer qu'on est un homme alors que l'on sort à peine de l'enfance ? Comprendre et pardonner les raisons de sa déchéance. Laver le péché originel qui l'a conduite à sa vie dissolue, par la seule force de leur amour pur.

Dans son nouveau roman  "Emmaus", Alessandro Baricco aborde une fois encore le thème de l'Amour.  Pas le côté romantique, ni le côté physique mais plutôt l'Amour comme moyen d'une transformation. Il y a un avant et il y a un après, à l'Amour. Cela semble être la thèse défendue par l'auteur.

Dans "Soie", son grand chef-d'oeuvre paru en 1997, le héros Hervé Joncour avait trouvé  le moyen de sa libération et de son épanouissement grâce à une idylle avec une mystérieuse et désirable geisha japonaise,. Cette fois dans "Emmaus", le narrateur et ses acolytes sont des jeunes hommes, bien sages, qui vont perdre beaucoup d'illusions en même temps que leur virginité.

Un livre rempli de citations bibliques, truffé de clichés un peu mièvres et beaucoup de bons sentiments. Il n'est fait mention d'aucun repère chronologique mais il règne un air un peu suranné de vieux livre. Malheureusement, il ne s'agit pas non plus d'un conte merveilleux atemporel, plutôt une fable gentillette avant internet et les ravages de la drogue. Où est donc cette petite ville italienne ? Quel est le message de ce livre ? Dans quel monde vit Alessandro Baricco ? 

Un écrivain visiblement ancré dans une ritournelle passéiste sans beaucoup de renouvellement ni de volonté de se dépasser. Un livre ennuyeusement gentil.

Commentaires

Posts les plus consultés de ce blog

N'est pas Montherlant qui veut

Marché de dupes